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Comment les idées changent une nation

L’histoire des peuples a été marquée par des moments sombres, des périodes pendant lesquelles quasiment toute la population mondiale fut touchée par la pauvreté. Auguste Madisson, l’un des plus grands historiens économiques, fait remarquer que l’américain moyen, dès l’époque de l’entrée des Etats-Unis dans la société de consommation (1912), était à peu près 16 fois plus riche qu’un ancien prince des périodes précapitalistes.

Le monde, dès le XVIII ième siècle, est entré dans une période qui a vu la naissance d’un phénomène économique qui est la croissance. Les opinions sur les véritables déterminants de ce phénomène animent l’une des plus fastidieuses luttes théoriques de l’économie politique. Certains, depuis Montesquieu, penchent pour des déterminants géographiques, d’autres pour des déterminants technologiques, institutionnels et plus récemment, avec les travaux d’une grande historienne économique américaine, professeure à Yale, Deirdre McCKoskey, certains évoquent des déterminants idéologiques. A vrai dire, ce n’est pas étonnant dans le domaine des sciences sociales, tous ont à peu près raison.


Dans son dernier ouvrage intitulé, Bourgeois Equality : How ideas, Not capital or institutions, enriched the world, Mckloskey  nous a livré l’une des explications la plus compréhensive de ce qu’on appelle en histoire économique ‘’Great enrichment’’. Son investigation intellectuelle, nous permet de voir que les caractéristiques libérales, à savoir le sens de la dignité et l’universalité des droits,  qui ont façonné l’éthique et l’idéologie de l’Occident, ont permis une prospérité sans précédente de l’humanité européenne. Les idées que nous faisons des capitaux, du climat et des institutions dont nous disposons déterminent la direction que nous empruntons.

Les pays asiatiques, à l’instar de Singapour, de la Corée-du-Sud, de la Chine et du Viêt-Nam, pour ne citer que ceux-là, ont tous comme les pays occidentaux, connu des périodes de miracles sous l’effet d’un changement systématique de ce qui constitue, le climat des idées dans leurs sociétés.  Ils alternent fondamentalisme et modernité, culture et institutions libérales, pour arriver à des résultats économiques, qui permettent à leur population d’avoir une vie humaine digne. Les idées quand elles sont libres, réfléchies en toute scientificité, ont de grands impacts sur le progrès. C’est dans cet objectif que Catch Up, un think tank pro-capitaliste, veut militer pour un changement du climat des idées en Haïti. Nous assumons, à l’instar d’Hayek, que les politiciens, qui sont les prétendants légaux du progrès économique et social, sont comme des poissons dans l’eau, où l’eau ne représente autre chose que l’opinion publique. Notre focus principal est donc un changement systématique chez l’haïtien ordinaire, des idées qu’il fait sur des problématiques économiques et sociales.


Nous croyons, en bons économistes, que les opinions, sont des contraintes informelles dont font face les décideurs dans l’arène des politiques publiques. Ce sont elles qui déterminent en majorité les incitations dans les sphères publique et privée. Changer les opinions, c’est changer les contraintes, donc les incitations et enfin les politiques publiques. Comme une fondation pour l’innovation politique, nous privilégions l’approche ascendante (bottom-Up), par opposition à l’approche descendante (Top-down), c’est pourquoi nous sacralisons l’opinion, militant pour qu’elle soit assise sur les idées de la liberté qui dirige le monde à succès.

Catch Up milite pour un citoyen haïtien capable d’interpréter en toute lucidité ses expériences. C’est une organisation dont l’objectif principal est d’éclairer les lanternes des politiques, à partir d’analyses, de recherches et des données scientifiques. Nous croyons que l’économie et les statistiques sont des manières de penser, des outils d’aide à la décision et des bases solides pour l’action politique. Elles sont fondamentales pour une bonne compréhension de la gouvernance, des affaires et de la société. C’est toute une révolution de la tendance intellectuelle haïtienne que nous réclamons. Il nous faut pour croître et développer durablement une société économique, de calcul et libre.

Nous assumons la supériorité du capitalisme et notre foi dans l’action privée est infaillible. Toutefois comme Raghuram Rajan et Luigi Zingales ont écrit en 2003, sauver le capitalisme des mains des capitalistes, nous croyons que l’action privée, quand elle n’est pas instituée par des droits de propriétés authentiques, conduit à un plus grand chaos que les systèmes planifiés. La défense d’un système moral et libre, caractérise donc notre organisation.  Le pays s’enlise dans la misère parce que ses marchés et ses gouvernements ont failli, parce que la rente dans ses versions économique et politique, domine la méritocratie d’une société libre qui devrait récompenser le risque et la compétence. Les idées de la liberté nous sont inconditionnelles pour tarir la rente, la corruption, renoncer au capitalisme de copinage, construire une économie à succès pour élever le niveau de vie de nos compatriotes.  

Nous militons pour qu’Haiti puisse connaître, comme les pays européens et les  pays asiatiques, son miracle économique, qui est nécessaire pour regagner sa dimension historique. Si comme nous, vous souhaitez ce miracle, n’hésitez à nous faire part de votre volonté, votre quote-part est la bienvenue.

Ensemble, avec l’idéologie de la liberté économique générale, nous pouvons rattraper.

                                                                  Johnny JOSEPH, Applied Economist, CTPEA, Co-Owner