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Exercices des Pouvoirs. De l’exercice collégial du Pouvoir exécutif : Un système sans Président de la République .

L’abolition de l’exercice personnalisé du pouvoir et du mode de scrutin traditionnel, sources de nos turpitudes et vicissitudes, est un prérequis à notre aspiration à vivre dans un environnement de Paix. Le mode rotatif pour l’occupation de certains postes et la gestion de proximité sont des garde-fous posés pour la prévention du clientélisme et pour le respect des normes de transparence et de participation inclusive érigées en principes. Des garants à notre aspiration au “bien vivre ensemble”. En effet:

Le Citoyen modèle (âgé de 50 ans au moins), choisi par tirage au sort annuel, est le symbole de l’Honneur et du Mérite, sur les bases de la compétence éprouvée et des qualités morales. Il assiste à des cérémonies (une façon de l’exposer) et peut représenter Haïti honorifiquement. Son titre n’a aucun rapport avec un quelconque pouvoir de gouvernement.

Le Pouvoir exécutif est exercé collégialement par un Conseil fédéral formé de neuf (9) Ministres, issus de trois (3) regroupements politiques.

Par rotation et par tirage au sort exhaustif, chaque cinq (5) mois pratiquement, un ministre joue le rôle de secrétaire exécutif du Conseil fédéral. Toute décision se prend au vote dans l’impossibilité de vote blanc, selon l’article 91 de la Constitution fédérale.

Rappelons que le mode d’accession à un poste de responsabilité se fait sur une liste de citoyens proposée aux C.G.E.C et C.G.E.E., selon des critères (liste adéquate de critères) en rapport avec l’âge, les diplômes ou compétences avérés, la jouissance des droits civils et politiques, la moralité).

 Le Fédéralisme à l’haïtienne est un système sociopolitique au service de la bonne gouvernance : une gouvernance sous contrôle citoyen.

II.1. De la bonne gouvernance politique, dans la conservation de son Pouvoir par le citoyen.

Les deux premiers socles sur lesquels s’appuie la bonne gouvernance politique sont l’aménagement de la démocratie participative directe et la gestion dite de proximité, en tant que

garde-fous au bluff, notre sport national, et gage de la solidarité agissante obligée. Ainsi se justifie déjà le choix de l’arrondissement comme un Etat (se nan chimen jennen yo kenbe chwal malen, dit un proverbe haïtien). Et, si l’on veut objecter de la petitesse d’un tel espace géographique, disons tout net que nous avons relevé de par le monde quelque 11 Etats qui sont plus petits que la majorité de nos arrondissements : le Liechtenstein, Malte, Monaco, Andorre, Sainte Lucie, Saint Christophe et Nevis, Singapour, Grenade, Saint Marin, Saint Vincent et Grenadines, la Barbade. Sans oublier de relater que près du tiers des 26 Etats suisses font moins de 500 km2 de superficie alors que, par exemple, l’arrondissement de la Croix-des-Bouquets fait dans les 1829 km2. Notre vaste mentalité de marron et de bluffeur, qui tient de beaux discours sur la participation inclusive de tous et la transparence qui ne le céderait en rien à l’eau de source, requiert une certaine exiguïté de l’espace géographique pour l’exercice du pouvoir politique en vue de venir à bout de notre sens de l’irresponsabilité et du langage stratégique. Par ailleurs, l’arrière-pays étant un désert financier, il importe de maximiser la circulation monétaire dans les moindres recoins de l’espace géographique.

Le mode de scrutin, source de haine et de discorde, nuit à la bonne gouvernance. Aussi le changement du mode de scrutin constitue-t-il le troisième socle (il en sera question plus loin, comme garant de la paix civile et sociale avec, d’une part le rôle du C.G.E.E quant au vote sur une personne et, d’autre part, celui du Conseil électoral pour VOTATIONS dans le cadre des initiatives populaires et des referendums quant au vote sur un projet ou une idée par exemple).

L’exercice personnalisé du Pouvoir exécutif pose problème depuis plus de 200 ans. Son bannissement représente le quatrième socle.

Le nouveau système noie la volonté de puissance de l’ego. Haïti est à son 59e Président ???, sans parler des amendements constitutionnels et des changements de Constitutions à tout va. Elle continue de régresser. Alors ?

Ainsi, fini les récriminations des perdants après les élections et la division du pays en deux (2) camps : le clan du Président, formé d’intrigants, de racketteurs et d’escrocs de haut vol, et le camp de l’opposition (tout autant bien formé), voué aux arrestations arbitraires, pour complot contre la sureté de l’Etat, à l’exil, à la mise sur la touche quelle que soit la compétence éprouvée de l’opposant supposé (comme si le pays pouvait faire l’économie de cadres de haut niveau).

« Pas de Président » signifie :

« Pas de clan, ni d’intrigue, ni de corruption, ni de soumission du pays  au diktat de qui que ce soit, interne comme externe ».

Fini le népotisme et le : « de l’or pour mes amis et du plomb pour mes ennemis ».

Fini les manifestations de rue pour ou contre le Président (le populisme le veut bien) et la division du pays en deux camps. Le Président ne peut rien pour vous. D’ailleurs, si nous sommes pris en otage par les (mercantilo ou capitalo) impérialistes et colons locaux, c’est à cause de lui. C’est le Président qui est à la source de tous nos maux, car c’est lui le point d’appui, parfois malgré lui, de l’impérialisme interne.

L’impérialisme interne mercantile à vocation marchande a affiné sa stratégie en répartissant les membres de sa famille pour que chacun appuie un candidat différent aux élections. Ainsi la famille du COLON sort toujours gagnante et peut continuer à répéter : « apre nou se nou ». L’impérialisme interne mercantile à vocation politique ne se fait aucun souci pour son avenir, tant qu’existe cette forme de démocratie qui lui fait la part belle : il n’en fait qu’à sa tête car il n’a pas de comptes à vous rendre. Cette forme de démocratie permet à cet impérialisme de se faire élire ou nommer, pour piller et escroquer, grâce à votre pouvoir politique en vous gavant de belles paroles et promesses sans vouloir faire le moindre effort pour votre inclusion dans les décisions concernant vos droits politiques, financiers, économiques, sociaux et environnementaux. Au contraire, il est votre ENNEMI le plus acharné.

Pour ce qui est de l’impérialisme externe ? Il n’est pas notre tasse de thé.

Quel est donc votre intérêt à avoir un Président? Aucun. Au contraire, vous avez tout à gagner à vous en passer, car c’est lui le point d’appui de tous ceux, des ENNEMIS irréductibles, qui œuvrent à vos malheurs.

Fini les courbettes reptiliennes de l’entourage du Président et les tentations vers le culte de la personnalité pavant la voie à l’autocratie et la dictature. Fini la lutte pour la prééminence qui a toujours existé, depuis Alexandre Pétion, entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Fini le poste de préfet ou de délégué, chien de garde d’un pouvoir à protéger ainsi que les arrestations et emprisonnements arbitraires concomitants pour prouver à son patron qu’on veille bien au grain.

Fini les exécutions d’opposants, vrais ou supposés, le mot « opposition » en politique n’ayant plus aucun sens.

Fini les complots, vrais ou supposés, contre la sureté de l’Etat, les coups d’Etat, les invasions et les guerres civiles. Fini le choix des Nord Alexis au détriment des Anténor Firmin.  

Fini le bluff démagogique érigé en système.

Ainsi en est-il de l’éradication de ces plaies qui rongent notre société.

Avec le Fédéralisme à l’haïtienne, la majorité des partis politiques exercent collégialement le pouvoir exécutif en différents endroits du pays comme cela se fait dans les pays optant pour le Fédéralisme et le mot « Opposition » n’a plus aucun sens en politique.

Plus personne ne se battra à mort pour avoir le Pouvoir, puisqu’il n’est plus un métier d’argent et que quasiment tout le monde l’exerce, dans le cadre d’une COMPéTITION saine entre Etats. Avec le Fédéralisme à l’haïtienne, aucune commune n’est divisée en deux camps : celui du candidat élu face à celui du candidat non élu. De plus, l’organisation des élections dans chaque Etat ne requerra plus l’aide étrangère. Un plus pour le recouvrement de notre dignité.

De la conservation de son Pouvoir par le citoyen.

Trois fois (à partir des 3èmes lundis des mois d’août, janvier et juin), au cours de chaque année, les citoyens de chaque Etat ont la possibilité d’exercer pleinement (voilà la vraie démocratie), durant une semaine, leurs droits politiques, économiques, sociaux et environnementaux, au sein d’un espace public le plus vaste possible (marché public, place publique, stade etc.), aux fins de félicitations et de sanctions. Il n’y a de véritable démocratie que la démocratie participative directe. En août, il s’agit de choix des projets ; en janvier et en juin, il s’agit de reddition des comptes par les responsables (pouvoir exécutif, pouvoir législatif et pouvoir judiciaire mis sur la sellette).

C’est le lieu de rappeler certains propos, déjà cités, d’Anténor Firmin et de Pauléus Sannon.

Durant son exil à Saint Thomas dans une lettre, Anténor Firmin affirmait : « Depuis cent trois ans, en nous affublant du régime républicain, . . . . L’autorité qui doit appartenir, de fait et de droit, à la loi et à la raison, a perdu parmi nous tout prestige moral, toute assise solide pour se transformer en des prépondérances éphémères, malfaisantes, sanguinaires ou grotesques, mais toujours arbitraires et effrénées. C’est naturel, puisque le vrai souverain constitutionnel n’a point conscience de sa souveraineté changée en sujétion avilissante, sinon en franche servitude ».

Et Sannon, d’enfoncer le clou : Haïti sera une démocratie organisée ou ne sera rien.

A ces illustres devanciers, nous répondons en écho en spécifiant : Haïti sera une démocratie participative directe ou ne sera rien.

Démocratiser la démocratie est un impératif. Sinon, le citoyen sera gros Jean comme devant.

Le Fédéralisme à l’haïtienne est le plus moderne, le plus avancé des Fédéralismes car il est le plus inclusif et va au-delà de Montesquieu. Par exemple, alors que le Fédéralisme à la suisse qui

est le plus avancé parmi les Fédéralismes connus prévoit, que ce sont les trois (3) partis politiques les plus importants (donc il y a exclusion des petits partis) qui doivent occuper l’espace du Pouvoir exécutif fédéral, le Fédéralisme à l’haïtienne prévoit, lui, que tous les partis politiques qui ont des députés se mettent sous forme de trois (3) regroupements politiques (donc l’inclusion est maximale) pour occuper l’espace du Pouvoir exécutif fédéral ; il réalise effectivement l’équilibre entre les 3 Pouvoirs et au sein de chacun d’eux. Sans ce type de Fédéralisme, comment s’assurer de la bonne gouvernance, financière, économique, sociale et environnementale ?

Dr Webster Pierre