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Politiques publiques pour la sensibilisation contre le COVID19

Depuis décembre 2019, l’humanité fait face à l’épidémie du Coronavirus qui a été finalement classée au stade pandémique ce mois de mars 2020 par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Tous les continents, particulièrement l’Asie et l’Europe, sont touchés par cette maladie dont les effets économiques escomptés seraient pires que ceux de la crise de 2008 selon plusieurs experts. C’est un moment spécial dans l’organisation politique, économique et sociale de l’humanité, notamment dans celle de l’Occident. C’est peut-être un moment de déconstruction de plusieurs paradigmes, qui, jusque-là, de manière très éclectique, se voulaient pensée unique. C’est une crise sanitaire certes, mais qui probablement pourrait déboucher sur une crise bien plus grave, une crise sociale. Les gouvernements, partout dans le monde, doivent s’armer des outils de politiques publiques (policy tools) adéquats pour faire face à la pandémie.

Le nouveau coronavirus guettait la nation haïtienne depuis qu’elle s’est propagée chez notre partenaire économique et diplomatique le plus important, les Etats Unis d’Amérique, et s’est montrée plus près de nous, en république dominicaine. De ce fait, le gouvernement haïtien s’est diligenté en prenant des mesures draconiennes pour stopper la progression du CODIV-19 qui n’était désormais qu’une question de jour avant d’atteindre le territoire. Parmi ces mesures, la fermeture de très tôt des frontières, un contrôle strict des points d’entrés sur le territoire ont été décisives et expliquent en partie le faible taux de contamination que nous avons jusqu’à présent enregistré. 

Cependant, le COVID-19 est bien sur notre territoire et il va falloir combattre un ennemi invisible, qui tue lentement et qui a la prétention de rester longtemps si rien n’est fait pour l’éradiquer. Pour le combattre, il faudra des mesures intelligentes. En effet, la stratégie de la quarantaine couramment adopté par les pays comme la Chine, la France et l’Italie ne sont pas sans coûts et même si nous les envisageons en Haïti, elles seront d’une difficile application si nous utilisons seulement la méthode de dissuasion. En outre, il faut rappeler que le pays vit depuis deux ans une crise qui a eu des conséquences substantielles sur notre économie, décapitalisant une grande partie de la population, les rendant ainsi encore plus vulnérables économiquement. Le gouvernement non plus n’a pas été épargné par cette crise rendant ainsi les finances publiques difficilement capables de supporter le poids économique d’un confinement total par des mesures de dissuasion.  

Nous proposons donc une conjonction de mesures, une combinaison de persuasion et de dissuasion, qui prennent leur fondement dans l’économie comportementale et qui essaie de fournir aux individus des choix comme s’ils étaient eux-mêmes à l’origine de ceux-ci. Dans ce paternalisme libertaire, nous changeons le comportement de l’individu en le faisant croire que c’est lui qui décide mais les arrangements ont été fait, en amont, afin d’obtenir le meilleur résultat possible. Ainsi, le gouvernement n’aura pas à forcer au maximum les individus à respecter les consignes mais ils le feront comme si c’était leur choix.

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