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Sur la souveraineté du peuple…

La souveraineté du peuple est remise à ses représentants qui exercent le pouvoir à sa place. Selon Rousseau, c’est inacceptable avec l’idée de démocratie. Il dira de l’idée de représentation qu’elle nous vient du gouvernement féodal, de cet inique et absurde gouvernement dans lequel l’espèce humaine est dégradée. Le but de la politique n’est ni la recherche de la vérité, ni celle du bien commun, mais la recherche du pouvoir. Le pouvoir n’est pas une autorité s’exerçant sur des sujets de droit, mais avant tout une puissance immanente à la société, qui s’exprime dans la production de normes et de valeurs. Depuis la nuit des temps, le pouvoir politique a été celui des clans dominants. Le pouvoir populaire qui est souverain est réduit à celui de mettre un bulletin de vote-sanction dans une urne et de manifester sa désapprobation dans les rues, avec l’accord du souverain républicain, stratège en l’art d’éviter les insurrections. Le discours autour de la souveraineté populaire est un leurre. Le peuple n’est souverain que sur le plan métaphysique. Sur le plan politique, il n’est rien. La souveraineté populaire est un mythe.

Selon Michel Foucault, Le problème politique décisif n’est donc plus la souveraineté, mais ces micro-pouvoirs qui investissent le corps et qui, silencieusement, inventent les formes de la domination, mais peuvent tout aussi bien donner l’occasion de nouvelles possibilités de vie. Il n’y a de relation de pouvoir qu’entre des sujets libres, se plaisait-il à dire. Les gouvernants ont plus besoin des gouvernés que les gouvernés des gouvernants. « La démocratie c’est l’exercice du contrôle des gouvernés sur les gouvernants. Non pas une fois tous les cinq ans ni tous les ans, mais tous les jours », selon le philosophe Alain. Il est en faveur d’une république libérale strictement contrôlée par le peuple.

Depuis la nuit des temps, le pouvoir politique a été celui des clans dominants et jouisseurs. Prestige, gloire et richesse, tels sont les éléments moteurs de la volonté de puissance de l’ego surdimensionné des gouvernants. Les guerres de conquêtes participaient, souvent, de la volonté d’agrandissement du royaume, pour augmenter le nombre de payeurs de taxes. Le roi et sa cour pouvaient faire bombance et ripaille, quotidiennement, les contribuables y pourvoyant.

Préfiguration des castes et clans financiers de notre époque imposant leur volonté à tous les autres et assez intelligents pour s’emparer, dans la quasi-totalité des cas, du contrôle des médias.

Epilogue.

Par ailleurs, comme pour faire écho au doute exprimé par madame Roosevelt, Albert Einstein, à la suite d’Emmanuel Kant, ne s’est-il pas, plusieurs fois, exprimé sur sa conviction de la nécessité de créer un Etat mondial. Il lui semble que le principe du gouvernement des peuples par eux-mêmes, le fait de travailler pour eux-mêmes, est plus propice à l’épanouissement individuel que l’exploitation du plus grand nombre par une minorité. Il considère que les peuples doivent s’engager d’abord dans le pacifisme, afin de mettre en place des conditions favorables à une évolution vers le socialisme. Nous pensons plutôt: vers la Vérité et la Justice économique, sociale et environnementale. Et, un zeste de démocratie participative directe y pourvoira.

Dans cet ordre d’idées du gouvernement des peuples par eux-mêmes, un premier pas doit être franchi dans la direction d’une certaine forme de démocratie participative directe.

Au motif de la mal-gouvernance se révélant comme un trait majeur des pays « en développement », « la pensée unique » fit le lit à l’émergence des organisations non gouvernementales (ONG) pour la gestion de l’aide internationale. On est tombé de Charybde en Scylla, car ceci prit la forme d’une opération de détournement de la majeure partie de l’aide au profit, non plus seulement des gouvernements corrompus et gaspilleurs, mais à celui surtout des ressortissants des pays donateurs. A un point tel qu’on en arrive à se demander : qui aide qui ?

La mal-gouvernance ne relève pas du monopole des « pays en développement ». Elle est le lot de tous les pays, à quelques exceptions près. Aussi, un système sociopolitique ne peut-il se concevoir, comme un frein aux dérives des démo-oligarques et des ONG, que par le bannissement de l’exercice personnalisé du pouvoir et dans l’érection de la citoyenneté responsable aménagée en principe, pour l’épanouissement de la responsabilité concitoyenne ? Tout simplement, un projet de citoyenneté active, responsable et épanouie, par l’organisation de la récupération par le citoyen de son pouvoir de contrôle direct, trois fois dans l’année, sur les gouvernants et autres acteurs, qui prétendent œuvrer à son « Bien ». Montesquieu semble dépassé. Alors, un système sociopolitique ne peut-il se concevoir dans la recherche de l’équilibre entre les trois Pouvoirs par l’atteinte de l’équilibre au sein de chacun d’eux ? Tout ceci participe de la recherche d’une certaine paix sociale et civile.

Dr Webster Pierre